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Dernièrement en Normandie

La Grande Débarque : "nous sommes aujourd’hui la première région de pêche en France pour les coquillages"

La Grande Débarque : "nous sommes aujourd’hui la première région de pêche en France pour les coquillages"

Du 30 octobre au 4 novembre, la Région Normandie et la filière de la pêche normande organisent pour la première fois, « La Grande Débarque » à Paris et en Normandie. 

L’objectif ? Affirmer le statut normand de la coquille Saint-Jacques et sa qualité dans quelques 70 lieux d’animations réunissant restaurants gastronomiques, bistrots, poissonneries et marchés. 

Rencontre avec Dimitri Rogoff, Président du Comité Régional de Normandie et de Normandie Fraîcheur Mer.


Que représente la Coquille Saint-Jacques en Normandie ?

C’est la première espèce de la pêche normande, elle représente plus de la moitié du chiffre d’affaires ! Un bateau sur deux pêche la coquille Saint-Jacques, c’est vraiment l’espèce phare de beaucoup de bateaux et c’est caractéristique de tout le littoral. A Granville, il y a une pêche diversifiée avec de la Coquille Saint-Jacques, un peu moins sur Cherbourg, mais dès que l’on va sur Saint-Vaast-la-Hougue, Grandcamp… tout le monde fait la coquille. Port-en-Bessin est devenue la capitale en tonnage parce que les bateaux de toute la côte viennent passer l’hiver pour y débarquer les coquilles pêchées en baie de Seine, là où vit et grandit la coquille Label Rouge. Courseulles, Ouistreham, Trouville, le Havre, Fécamp, Le Tréport… et Dieppe, qui est un gros port coquiller. C’est vraiment une activité dominante. Il y a même des bateaux qui font 100% de leur année sur la coquille Saint-Jacques, notamment à Dieppe. C’est rare. Première région de pêche en France pour la coquille Saint-Jacques, nous le sommes également pour le bulot et la praire. On produit les 2/3 des coquillages de pêche en France. C’est spécifique à la Normandie : ce n’est pas rien si nous sommes aujourd’hui la première région de pêche en France pour les coquillages. 

©NFM

Pourquoi organiser un tel évènement ?

Ce que l’on souhaite mettre en avant, c’est la coquille Saint-Jacques et notre région qui produit les 2/3 de ce qui est débarqué en France. Comme c’est une production saisonnière, en début de saison, on a beaucoup de coquilles… c’est le moment de redire à tout le monde que c’est la saison. La Grande Débarque sert à cela : donner envie et amorcer le marché pour que tout le monde puisse en profiter. Sur le littoral, tout le monde le sait, c’est un sujet d’actualité, mais dès que l’on rentre dans les terres, même normandes, ce n’est pas encore un réflexe. On a besoin que la Normandie se réapproprie ses produits de la mer, c’est important. La Normandie c’est la 2ème région de pêche en France ! Tout le monde sait qu’il y a des pêcheurs mais on ne se rend pas compte de ce que cela représente. On parle de plus de 2 000 marins, et un peu moins de 600 bateaux. La Normandie est l’une des rares régions où le nombre de bateaux augmente. Il y a une belle dynamique autour de la pêche.

Quelles sont les spécificités de la coquille normande ?

C’est un produit exceptionnel. Des coquilles qui, grâce à un environnement propice, et notamment en baie de Seine, mettent seulement deux ans pour atteindre leur taille adulte, soit 11 cm. C’est un cadeau de la nature formidable. Réputée pour sa noix généreuse et coraillée, qui lui a valu deux Label Rouge, elle est d’autant plus appréciée par les restaurants – on a de très belles maisons qui vont participer à l’évènement – mais aussi un produit que l’on trouve sur les marchés, où l’on sera également présent pour des animations culinaires. C’est un produit de grande notoriété qui reste assez souvent abordable. C’est aussi un produit sauvage … Ce que l’on mange aujourd’hui, ce sont à 90% des produits transformés, issus de l’industrie agroalimentaire ou de la culture intensive… les produits de la mer, eux, sont des produits sauvages. On ne sème pas, on n’engraisse pas, et la nature fait très bien les choses.

Comment faire la différence entre tous les produits proposés à la vente ?

La France est une grosse consommatrice - 150 000 tonnes de Saint-Jacques équivalent entier consommées par an ! -donc elle importe, mais quand on mange une noix qui a quitté sa coquille depuis plus de 15 jours et une coquille qu’on vient d’enlever de ses valves, cela n’a pas du tout le même goût ! Le Français gastronome le sait bien, même si sur le marché, il est parfois difficile de faire la différence surtout depuis que l’OMC a accordé en 1996 la dénomination Saint-Jacques à tous les pectinidés (pétoncles d’importations inclus). Seul réflexe à avoir pour garantir d’avoir dans assiette la seule, la vraie, l’unique : chercher sur l’étiquette le nom scientifique de la coquille Saint-Jacques, soit Pecten Maximus. Celle que l’on veut privilégier, c’est la coquille entière et vivante, que l’on pêche tous les jours et qu’on débarque tous les jours. 

Est-ce que la coquille normande s’exporte ?

De plus en plus, oui. Il y a beaucoup de coquilles dans la restauration haut-de-gamme, dans le monde entier, où le prix n’a pas d’importance pour un bon produit. Elle va dans de grands palaces en Suisse, un peu en Belgique et en Allemagne, ou encore à Dubaï. Mais je pense que la coquille a besoin d’un bon bilan carbone et n’a pas besoin de faire d’avion… C’est un vrai produit gastronomique très apprécié chez nous, c’est un aliment plaisir. On n’en mange pas tous les jours. Autant que les Français se fassent plaisir en mangeant des coquilles débarquées vivantes. 

©NFM

Comment va se dérouler l’opération ?

Pendant une semaine, de manière un peu simultanée, de place en place, des évènements seront créés autour de la coquille, en Normandie et à Paris. Il y aura des animations dans des restaurants – du bistro aux étoilés - dans des poissonneries, sur le marché. L’idée est de mettre en avant la coquille, en parler, expliquer comment s’est pêché, comment la cuisiner, la décortiquer… On veut à la fois la sacraliser parce que c’est un produit gastronomique d’exception, mais aussi la désacraliser, parce que c’est un produit facile à cuisiner. On en profitera également pour expliquer ce qu’est le métier de pêcheur, la gestion qui en est faite… C’est important de savoir que lorsqu’on mange de la coquille, il n’y a pas de problèmes environnementaux ou de pénurie derrière. Il y a des dates d’ouverture et de fermeture de la pêche, des zones, des quotas. C’est extrêmement réglementé. Une coquille normande pêchée sur nos côtes, on sait que cela a été fait proprement, dans des bonnes conditions environnementales et sociales. C’est une économie du littoral qui est importante et structurante et tout cela va de pair. On parle souvent des produits du terroir ; moi, je parle des produits du merroir.

Quelles sont les caractéristiques de la pêche à la coquille ?

C’est une pêche spécifique : on va à la coquille, c’est l’hiver, dans des conditions un peu rudes – la Manche n’est pas une mer facile – il y a un vrai challenge derrière. Tout le monde ne peut pas être marin-pêcheur mais dans les marins pêcheurs, tout le monde ne fait pas la coquille. C’est assez simple à pêcher, grâce à des dragues (râteau muni d’un sac métallique) mais cela nécessite des connaissances et de la rigueur, pour trouver les bons endroits, faire les bons réglages, bien trier, bien rincer, bien les entreposer… tout cela conditionne la durée de vie du produit et sa qualité. Il y a un vrai boulot après chaque coquille, qui passe dans les mains du pêcheur au moins quatre fois : il les ramasse, il les trie, il les nettoie et il les range, une par une dans les bacs, à plat et bien couvertes, à l’abri du vent. C’est un produit, comme tous les produits de la mer, dont il faut prendre soin. Un poisson, s’il est mal glacé, s’il a pris un coup de soleil, c’est fini. Les coquilles, c’est pareil : il faut les protéger du vent, de la chaleur, il faut les mettre au frais mais pas trop… Au-delà du gagne-pain, c’est important de livrer des produits bien vivants sur les étals. 


Retrouvez plus d'informations et les différents lieux d'animation : https://www.lagrandedebarque.fr/


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