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Dernièrement en Normandie

Une extension et de nouveaux équipements pour le CIRALE dans le Calvados !

Une extension et de nouveaux équipements pour le CIRALE dans le Calvados !

Le CIRALE ©CIRALE – EnvA


Formation, recherche, diagnostic : créé en 1999 à Goustranville dans le Calvados, le CIRALE a sans cesse innové dans ses diverses activités grâce à l’acquisition successive de machines de pointe en imagerie. Attirant de nombreux chevaux et spécialistes internationaux, il a récemment renforcé son plateau technique d’une Unité d’Imagerie Sectionnelle, inaugurée mercredi 18 juillet par la Région Normandie et le Département du Calvados. Cette unité de deux nouvelles machines uniques en France, ainsi qu’une piste et une carrière, font du CIRALE la plus belle plateforme d’Europe et l’une des deux au monde en imagerie et recherche sur les problèmes locomoteurs du cheval.

Rencontre avec le Professeur Fabrice Audigié, directeur du CIRALE depuis 2014. 

Qu’est-ce-que le Cirale ?

C’est le Centre d’Imagerie et de recherche sur les Affections Locomotrices Equines. C’est un site distant de l’ENVA, l’école nationale vétérinaire d’Alfort, l’une des quatre écoles vétérinaire françaises. L’ensemble du site appartient historiquement à la Région Normandie qui a ensuite formé un syndicat mixte avec le Département du Calvados. Nous sommes occupants et nous devons faire fonctionner le centre, l’animer et le valoriser sur trois axes stratégiques pour l’école. La première, c’est l’enseignement : nous formons des vétérinaires étudiants français et des vétérinaires libéraux en formation continue. Nous sommes également des enseignants chercheurs : nous développons des travaux de recherche centrés sur les problèmes locomoteurs du cheval. La troisième activité, c’est le diagnostic à destination de la filière équine. C’était la volonté première de la Région : elle voulait mettre à disposition de la filière, notamment des entraîneurs, des cavaliers, propriétaires de chevaux et éleveurs, un centre de diagnostic de pointe sur les problèmes locomoteurs du cheval. Notre rôle, c’est d’identifier les causes de douleur, les diagnostiquer pour essayer de les traiter au mieux afin que l’animal n’aie plus mal et qu’il puisse travailler dans de bonnes conditions, pour que ses performances soient retrouvées ou améliorées. L’école d’Alfort est très heureuse de ce partenariat : c’est une opportunité unique pour une école d’être soutenue comme cela.

Quels sont les équipements innovants inaugurés aujourd’hui ?

Nous avons renforcé le plateau d’imagerie avec de nouvelles techniques et deux nouvelles machines, dans une nouvelle aile baptisée Unité d’Imagerie Sectionnelle. Il y a un scanner, un des premiers d’Europe et le premier en France, qui a une ouverture de 90 cm, soit le plus gros diamètre qui existe aujourd’hui. On peut l’utiliser de deux manières : sur un cheval couché endormi - avec une table très innovante que nous avons développée - et sur un cheval debout tranquillisé pour faire des scanners de la tête. L’idée est d’avoir des imageries plus poussées pour connaître les lésions du cheval et voir comment les traiter. On arrive ainsi à avoir des vues de ses dents, de ses sinus, de son crâne… Cela permet de réduire le nombre d’anesthésies. La deuxième machine est une nouvelle IRM (Imagerie à résonance magnétique), ouverte et inclinable. Son aimant, la plus grosse partie, de 8 tonnes, peut pivoter de 90°, ce qui nous permet de faire le genou du cheval, une articulation très sollicitée. C’est la seule machine qui existe aujourd’hui en IRM qui permette de faire cela. Il n’y en a que trois en Europe : en Allemagne, en Angleterre et en Belgique. La 4ème d’Europe est en Normandie ! 

Le scanner pour chevaux ©CIRALE – EnvA

Quand seront-elles mises en service ?

Les machines sont en phase d’ajustement et seront mises en service pour les chevaux de clients dès la rentrée. Nous travaillons surtout sur des cas référés, c’est-à-dire que les vétérinaires nous envoient les chevaux parce qu’ils n’arrivent pas au diagnostic ou parce qu’ils ont besoin d’accéder à la technique. Nous essayons de trouver ce qu’a le cheval et on le leur retourne avec des propositions de traitement. Cela leur permet de s’approprier les outils et de réaliser que c’est utile. Au fur et à mesure des années, le prix des machines peut baisser et certains peuvent donc à leur tour s’équiper. Nous avons été les premiers à obtenir l’agrément de l’autorité de sûreté nucléaire : comme par le passé avec des machines antérieures, nous allons servir de référence. Cela aidera les cliniques privées et c’est une aussi une façon aussi d’aider leur développement économique, de transférer les savoir-faire progressivement. L’idée n’est pas de se mettre en concurrence mais de travailler intelligemment. 

Scintigraphie osseuse d'un cheval ©CIRALE – EnvA

Pourquoi est-ce important ?

Aujourd’hui, la principale cause de perte économique dans la filière ce sont les problèmes très fréquents de boiteries du cheval, c’est-à-dire les problèmes locomoteurs. L’idée pour la Région était de proposer un centre de pointe d’envergure internationale dans cette compétence. Nous accueillons de nombreux chevaux de France et 10% de nos consultations proviennent de pays européens : Belgique, Italie, Espagne, Portugal… Nous avons des équipements d’imagerie exceptionnels qui proviennent majoritairement de la médecine humaine et adaptés aux chevaux, valorisées sur des travaux de recherche par des leaders scientifiques et des compétences spécifiques. Le centre a aussi un rôle d’expertise, de référence internationale : des vétérinaires italiens qui travaillent à Dubaï sont présents en ce moment pour se former. Il y a 15 jours, nous avons eu la visite d’Australiens qui cherchaient à développer avec nous une machine d’imagerie.

Qu’est-ce qui fait du CIRALE un site quasi unique au monde ?

Outre les nouvelles machines, la Région a racheté des terrains de 7 ha : aujourd’hui le site fait environ 20 ha. Sur ces terrains, en plus des pâturages pour les chevaux, nous avons installé une piste de 700 mètres pour voir les chevaux de course, trotteurs ou galopeurs, à l’effort. Cela permet de voir les chevaux en situation réelle. A côté de la piste, nous avons également une belle carrière de 40 par 70 m pour faire sauter les chevaux et faire des tests sur les selles connectées. Nous avons un partenariat de recherche avec l’entreprise CWD pour développer sur trois ans une selle connectée dans le cadre d’un projet soutenu par l’Agence Nationale de la Recherche. L’Unité d’Imagerie sectionnelle avec ces deux grosses machines qui sont uniques en France, la piste et la carrière, font du CIRALE la plus belle plateforme d’Europe en Imagerie et Recherche sur les problèmes locomoteurs du cheval. Sur le plan mondial, il existe deux sites de ce niveau-là, un aux Etats Unis, et le nôtre, en Normandie. 

Fabrice Audigié ©CIRALE – EnvA

En quoi la Normandie est légitime à se doter d’un tel équipement ?

La filière équine est très importante économiquement en Normandie. Avec les terrains, le climat, l’élevage y est propice et non délocalisable… La Normandie a ainsi la force d’avoir tous les types de chevaux, ce qui est très intéressant pour nous ! Il y a les chevaux de course, les trotteurs et les galopeurs, les chevaux de sport et l’élevage. C’est rare d’avoir dans le même territoire des chevaux de sport dont certains de très haut niveau, comme à Deauville où sont entraînés les meilleurs chevaux français. Pour nous, c’est très utile parce qu’on peut former les étudiants sur tous types de cas et cela nous permet d’avoir une activité comparée sur les chevaux et leurs différents rôles. La Normandie a ce quelque chose d’unique d’avoir toutes les disciplines équestres et de course sur son territoire et à un haut niveau. 


Le CIRALE EN BREF

  • Le site a été fondé par le Professeur Jean-Marie Denoix, enseignant chercheur à l’école vétérinaire d’Alfort, à qui la Région Normandie propose dans les années 90 de mener la création d’un centre de pointe sur les problèmes locomoteurs. En 2014, après les Jeux Equestres Mondiaux, Jean-Marie Denoix transfère la direction du CIRALE à Fabrice Audigié, alors directeur du centre d’imagerie. 
  • 18 personnes travaillent quotidiennement sur le site, dont sept vétérinaires et cliniciens spécialisés de l’école vétérinaire d’Alfort. Le CIRALE reçoit des étudiants de l’école vétérinaire d’Alfort mais aussi ceux de l’école vétérinaire de Nantes (ONIRIS) et de l’école de Toulouse, qui choisissent de se spécialiser sur l’imagerie et les problèmes locomoteurs du cheval.
  • Le CIRALE est traditionnellement un centre de pointe, en accueillant depuis sa création des équipements d’imagerie uniques en France.
  • En 1999, c’est la scintigraphie osseuse, technique de médecine nucléaire pour localiser les zones de squelette douloureuses chez le cheval. Une machine permettant au CIRALE de jouer un rôle de pilote jusqu’en 2009.
  • En 2000, le site a été dans l’un des trois premiers au monde à se doter d’une IRM (image à résonance magnétique) pour les chevaux. 
  • En 2010, le CIRALE se dote de nouveaux équipements pour voir le cheval à l’effort : un tapis roulant grande vitesse et une deuxième IRM, plus petite, pour faire des examens sur chevaux debout. 
  • En 2008, la Région a lancé la deuxième phase d’évolution du centre ; en partenariat avec l’école vétérinaire d’Alfort et les équipes du CIRALE, un plan de développement sur 10 à 20 ans a été élaboré pour rester à la pointe de l’innovation. Plan qui a conduit aux nouveaux équipements inaugurés le 18 juillet 2018.

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