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Success Stories

« Au-delà du jeu, faire quelque chose de plus fort» : un baby-foot normand

« Au-delà du jeu, faire quelque chose de plus fort» : un baby-foot normand

Après les championnats du monde de baby-foot au Kindarena de Rouen qu’il a co-organisé en mai avec les fédérations française et internationale, Sébastien Lebourg, fondateur et président de l’association Baby-Foot Rouen Métropole a décidé de lancer, avec deux associés, un baby-foot innovant…et normand.

Portrait d’un homme enthousiaste déterminé à porter la culture du « baby » là où on ne l’attend pas.


D’une passion de jeunesse à la création d’un club

« Ma période intense de jeu, c’était dans les bars, entre 14 et 18 ans ». Collège, lycée, centre aéré, armée… Sébastien Lebourg, 42 ans, a, comme une grande majorité de sa génération, un souvenir impérissable des parties de baby-foot de sa jeunesse. A la différence près que le Dieppois renoue avec sa passion quelques décennies plus tard. « Après l’armée, j’ai arrêté de jouer pendant 20 ans : j’avais d’autres loisirs, les babys ont disparu des bars, j’avais une organisation différente, une famille… »

Il y a cinq ans, l’un de ses enfants, âgé de 10 ans, exprime à son tour l’envie d’essayer. « On s’est procuré un babyfoot, très vite l’envie de trouver des adversaires est revenue ». Contrôleur SNCF sur des lignes au départ de Paris, Sébastien profite alors de ses nombreux déplacements pour jouer gratuitement dans une salle parisienne.

Quand le club s’est créé, tout s’est enchaîné

Mais près de Rouen, à Petit-Quevilly, où il vit, c’est plus compliqué. En recherche d’adversaires sur la métropole normande, Sébastien Lebourg contacte la Fédération Française de Baby-Foot. Elle le met en relation avec Malika Dranguet, de Saint-Jacques-sur-Darnétal, passionnée, comme lui, par le football sur table. Après une première rencontre positive, ils décident de lancer en septembre 2016, le tout premier club rouennais de la discipline.

Une idée, un succès : dès la première année, une trentaine de licenciés rejoignent le club. « Mais je voulais que nous fassions plus que du baby. Avec Malika, nous avons envie d’aider les autres. » Le club parraine alors Robin pendant deux ans, un jeune garçon atteint de Trisomie 21, et lui organise des tournois. Objectif : réunir des fonds pour son association. « Aujourd’hui, nous parrainons Arthur, atteint d’une maladie dégénérative, pour les deux années à venir. »

 


Du baby-foot dans les hôpitaux

Plein de projets et décidé à développer son club, Sébastien Lebourg installe 6 baby-foot dans une brasserie de Rouen, le Marégraphe, afin d’y organiser des animations. Une idée originale qui attire, à chaque fois, entre 40 et 90 personnes. Mais le Normand veut plus, et notamment amener le baby-foot où on ne l’attend pas.

Première étape : les hôpitaux. Le Babyfoot Rouen Métropole contacte alors l’association Vie et Espoir, avec l’idée de financer un baby-foot via une cagnotte gofundme. « Le projet commence à prendre forme, mais ça ne suffisait pas. Nous avons donc décidé de postuler au championnat du monde, pour offrir une vitrine plus importante à nos projets ». La fédération française, séduite par le lieu – le Kindarena – et le volet social du club, accepte la candidature. Le club obtient l’autorisation d’organisation en janvier 2017.

A Paris, je jouais avec le dentiste, le prof de maths, le SDF, il n’y avait aucune différence

En parallèle du championnat, Sébastien poursuit sans relâche son idée d’irriguer certains lieux, de plusieurs baby-foot. Avec l’aide de Jean-Louis Louvel, président du Rouen Normandie Rugby, il démarche deux artistes : Sophie Reulet et Ecloz. Son idée ? Les faire customiser deux baby-foot « bruts », avant de les proposer à une vente aux enchères.

Un financement de plus et une notoriété nécessaire pour mener à bien ses projets : apporter du jeu et des sourires aux enfants dans les hôpitaux, proposer de nouveaux lieux de convivialité… « le baby-foot est un vrai vecteur de cohésion » soutient Sébastien Lebourg, « tout le monde se retrouve autour du jeu, sans aucun rapport hiérarchique, de différences d’âge, de catégorie sociale, de sexe… c’est l’une des rares activités où les gens s’oublient aussi vite. »

 


Un baby-foot innovant

Au lendemain des championnats du monde de babyfoot étape Bonzini au Kindarena, Sébastien Lebourg se pose en concurrent et lance officiellement son propre produit baptisé « Le Conquérant », en s'associant avec Willy Letombe et David Pailler. « J’ai toujours eu envie de créer des choses… et puis l’ennui est une bonne source de motivation » confie-t-il, clin d’œil à l’appui. « Je n’aimais pas l’école, la SNCF, j’y suis arrivé par hasard : il y avait de la lumière, et j’ai essayé...mais j’ai besoin d’avoir l’esprit occupé. »

Weekeniste – il est sur les rails le vendredi, le samedi, le dimanche et le lundi – Sébastien profite de son temps libre normand pour travailler sur son projet, soutenu par Céline et leurs trois enfants. « J’ai de la chance d’avoir une femme très conciliante, parce que cela me prend beaucoup de temps. » 

Aujourd’hui, je joue de moins en moins, j’entreprends plus

L’originalité de son baby-foot ? Le rendre accessible à tous, même aux enfants. « Actuellement, il faut avoir au moins la taille d’un enfant de 11 ans pour y jouer. Il existe sur le marché des baby foots qui se règlent mais ce n’est pas simple et cela nécessite des outils ». Qu’à cela ne tienne, le baby-foot normand sera adapté à toutes les tailles, tout en répondant au cahier des charges de la fédération internationale.

Son autre innovation ? « Nous l’avons optimisé pour qu’il soit facilement rétractable, grâce à un système de pieds qui se rangent sous la table et un transport sur chariot. » Sur le marché mondial, le Conquérant fait figure d’outsider. « En France, il n’y a que quatre grands constructeurs, dont Bonzini, mais nous sommes les seuls à l’échelle mondiale sur ce créneau : certains baby-foot se replient, d’autres se baissent, mais aucun ne fait les deux. »


… et fabriqué en normandie !

Aujourd’hui, le prototype est fin prêt. Un baby-foot entièrement construit en Normandie – la société va sous-traiter à des entreprises régionales de menuiserie, métallerie et plastique -  et à destination de toutes les structures. Vecteur de cohésion, c’est également un support de communication original pour les entreprises ou les associations.

Couleurs spécifiques, stickers sur les flancs ou covering total, si les corps des joueurs sont figés, les têtes seront personnalisables. « On est dans un prix de base à 2325 euros HT, qui variera en fonction des options et de la personnalisation. Tout est possible, on ne se limite à rien. C’est du sur-mesure. La seule ligne de conduite, c’est qu’il devra être entièrement construit en Normandie » détaille Sébastien.

Cela sera peut-être un flop, ou peut-être que cela va marcher, mais au moins, on aura essayé

Tout a également été pensé pour faire rayonner le Conquérant au-delà des frontières de l’hexagone. « Quand on le développera en France, on vantera le produit 100% français. Mais à l’international, on précisera qu’il est normand, un vrai gage de qualité ! » revendique l’entrepreneur.

L’objectif des trois associés et de leur société LPL est de présenter et commercialiser leur baby-foot en novembre prochain. Et parce qu’il ne perd pas de vue son objectif, Sébastien, organisera un street-art-thon : « Pendant 12h, les artistes normands pourront les customiser, avant une vente aux enchères dont les bénéfices serviront à installer nos baby-foot dans les hôpitaux. »

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